Choisir son mode de garde
BAFA, CAP AEPE, PSC1 : ce que valent vraiment les diplômes de la petite enfance
« Nos intervenants sont diplômés. » La phrase figure sur le site de toutes les agences de garde d'enfants, la nôtre comprise, et elle ne veut rien dire tant qu'on ne sait pas de quel titre on parle. Un BAFA, un CAP accompagnant éducatif petite enfance et un agrément d'assistante maternelle ne s'obtiennent ni de la même façon, ni auprès de la même administration, et n'autorisent surtout pas les mêmes choses. Voici ce que recouvre chacun, d'après les textes qui les créent.
Publié le 7 min de lecture
Trois administrations différentes, trois logiques différentes
Les titres qu’on croise en cherchant un mode de garde ne viennent pas du même endroit, et c’est la première chose à savoir. Le BAFA est délivré par l’Éducation nationale, au titre de la politique de jeunesse. Le CAP accompagnant éducatif petite enfance est un diplôme professionnel, comme un CAP de cuisine ou d’électricien. L’agrément d’assistante maternelle est un acte administratif départemental, instruit par les services de protection maternelle et infantile. Le PSC1 relève de la sécurité civile, donc du ministère de l’Intérieur.
Aucun de ces quatre titres n’est « supérieur » aux autres : ils ne répondent pas à la même question. Les confondre conduit à des malentendus coûteux, dont le plus fréquent concerne le BAFA.
Le BAFA : un brevet d’animation, pas un diplôme de la petite enfance
Le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur permet d’encadrer des mineurs dans les accueils collectifs de mineurs : colonies de vacances, centres de loisirs, camps scouts. C’est là son objet, et il est écrit tel quel dans la fiche officielle.
Son obtention passe par trois étapes, dans cet ordre : une session de formation générale de huit jours au minimum, un stage pratique de quatorze jours au minimum, puis une session d’approfondissement de six jours ou de qualification de huit jours. Le stage pratique doit démarrer dans les dix-huit mois qui suivent la formation générale, et l’ensemble ne peut pas s’étaler sur plus de trente mois — au-delà, les étapes déjà validées sont perdues. Le brevet est ensuite décerné par le recteur de région académique. L’âge minimum est de seize ans le premier jour de la session de formation générale.
Il faut lire cette dernière phrase deux fois. Un titulaire du BAFA peut avoir dix-sept ans. Ce n’est ni un défaut ni un scandale : le brevet a été conçu pour former des animateurs de colonies, une fonction que des jeunes gens exercent très bien. Mais cela dit ce que le BAFA n’est pas. Il ne comporte aucun enseignement obligatoire sur le développement du nourrisson, sur les rythmes de sommeil d’un enfant de dix-huit mois ou sur la préparation d’un biberon. Ce n’est pas un oubli du référentiel : ce n’est simplement pas son sujet.
C’est pour cette raison qu’un BAFA est une bonne référence pour l’animation d’un mariage ou d’un anniversaire, où il s’agit d’occuper un groupe d’enfants pendant quelques heures, et une référence insuffisante à elle seule pour la garde d’un bébé à votre domicile. Une agence qui met en avant le BAFA pour vendre de la garde de tout-petits ne ment pas ; elle répond à côté.
Les trois diplômes d’État de la petite enfance
Ceux-là visent précisément ce que le BAFA ne vise pas.
Le CAP accompagnant éducatif petite enfance est le premier niveau de qualification du secteur. Créé par un arrêté du 30 novembre 2020, il forme à l’accompagnement des enfants de moins de six ans : soins du quotidien, repas, hygiène, sécurité, accompagnement du développement et relation avec les familles. C’est le diplôme le plus répandu chez les professionnelles de la garde d’enfants, et de loin.
Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture relève, lui, du champ sanitaire. Sa formation, refondue par un arrêté du 10 juin 2021, dure environ onze mois. Une auxiliaire de puériculture a une culture du soin qu’un CAP n’a pas : elle a travaillé en maternité, en service de pédiatrie ou en crèche, et elle repère des signes cliniques qu’une personne non formée ne voit pas passer.
Le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants est le plus long des trois. C’est une formation de travail social, centrée sur le développement et l’éveil du jeune enfant plutôt que sur les soins. Une éducatrice de jeunes enfants encadre le plus souvent une équipe en établissement d’accueil ; il est plus rare, mais pas exceptionnel, d’en rencontrer une en garde à domicile.
L’agrément d’assistante maternelle : ni un diplôme, ni la même prestation
C’est la confusion la plus lourde de conséquences, parce qu’elle porte sur le service lui-même et pas seulement sur la qualification.
Une assistante maternelle agréée n’a pas un diplôme : elle a un agrément, délivré par les services du département après examen de son logement et de ses conditions d’accueil. Il vaut cinq ans, puis dix ans au renouvellement si les évaluations de compétences sont validées. Elle suit cent vingt heures de formation, dont quatre-vingts avant d’accueillir son premier enfant — les quarante restantes dans les trois ans qui suivent. Une partie de ces heures porte sur les gestes de premiers secours et ne peut pas faire l’objet d’une dispense.
Et surtout : une assistante maternelle accueille les enfants chez elle, ou dans une maison d’assistants maternels. Pas chez vous. Ce n’est donc pas une variante de la garde à domicile, c’est un autre mode de garde, avec ses avantages propres — un coût généralement inférieur, un petit groupe d’enfants — et ses contraintes propres : il faut y déposer et y reprendre l’enfant, et son rythme s’ajuste à celui des autres enfants accueillis.
Certaines professionnelles agréées choisissent ensuite de travailler au domicile des familles. Elles gardent leur expérience et leur formation ; l’agrément, lui, ne s’applique plus, puisqu’il porte sur leur propre logement.
Le PSC1 : indispensable, et pourtant pas une qualification petite enfance
L’unité d’enseignement « prévention et secours civiques de niveau 1 » apprend les gestes qui sauvent : alerte, hémorragie, étouffement, perte de connaissance, arrêt cardiaque. Elle est encadrée par un référentiel national de sécurité civile et ne peut être délivrée que par des organismes habilités ou agréés à cet effet.
C’est une formation courte, et c’est précisément pourquoi il faut la demander : personne n’a de raison valable de ne pas l’avoir. Mais il ne faut pas lui demander ce qu’elle ne prétend pas être. Le PSC1 n’apprend pas à s’occuper d’un enfant. Il apprend à réagir quand quelque chose tourne mal, ce qui est une autre compétence, et une compétence dont on espère qu’elle ne servira jamais.
Les quatre questions à poser, et les réponses qui doivent alerter
« Quel est le diplôme exact de la personne qui viendra ? » Pas celui de l’équipe en général : celui de la personne. Une agence qui ne peut pas répondre avant la signature ne le pourra pas davantage après.
« Quand a-t-elle passé son PSC1 ? » La date compte autant que l’attestation, les gestes s’oublient.
« Combien d’années auprès d’enfants de cet âge-là ? » Deux ans en périscolaire et deux ans avec des nourrissons ne sont pas la même expérience.
« Puis-je la rencontrer avant de m’engager ? » Un refus sur ce point vaut toutes les attestations du monde.
Une réponse doit vous alerter particulièrement : « nos intervenants sont formés en interne ». Une formation interne n’a rien d’illégitime — nous en faisons — mais elle n’est ni normée, ni contrôlée, ni vérifiable par vous. Elle vient en plus d’une qualification, jamais à la place.
Ce que nous demandons, nous
Autant l’écrire noir sur blanc, puisque c’est ce que cet article invite à demander aux autres. Nos intervenantes ont un CAP accompagnant éducatif petite enfance, un diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants, un diplôme d’auxiliaire de puériculture ou un agrément d’assistante maternelle. Sans diplôme, nous exigeons deux années d’expérience au moins auprès de jeunes enfants, vérifiées. Toutes sont formées au PSC1.
Nous ne prétendons pas que chaque intervenante coche toutes les cases : le détail des qualifications et ce que nous vérifions avant un recrutement sont sur notre page pourquoi choisir Childsafe, et l’équipe est présentée sur la page de l’équipe. Si vous cherchez plutôt à comprendre comment se déroule une prestation, c’est la page garde d’enfants à domicile qu’il faut lire. Et si vous êtes vous-même dans l’un des parcours décrits plus haut, nous recrutons.
Écrit par Olivia Lapeyre
Fondatrice de Childsafe à Toulouse. Elle écrit ici ce qu'elle explique au téléphone à des familles qui cherchent un mode de garde, en citant les textes plutôt qu'en résumant ce qui l'arrange.
